Naufrage d’un bateau à vapeur PDF

Presque 800 des 2 500 passagers ont survécu (bien que 200 soient décédés plus tard).


Tous les vents étaient déchaînés, la mer furieuse, le ciel sillonné d’éclairs. Ainsi commence d’ordinaire le récit d’un naufrage.

Le récit du mien commence autrement.

Le vent, assez frais au large, se faisait peu sentir dans le voisinage de la côte que nous longions à une faible distance. La mer était calme ; un magnifique clair de lune succédait à un soir serein. Les passagers se trouvaient la plupart sur le pont, les uns causant avec cette langueur que donne le mouvement du bateau, même à ceux qui ne souffrent pas du mal de mer, les autres occupés à considérer le jeu de la machine, à regarder la terre fuir, l’écume courir, ou à suivre de l’œil la noire traînée de fumée qui flottait derrière nous, comme un panache rabattu par le vent.

Car chacun cherche un moyen de tromper l’ennui de ces traversées des bateaux à vapeur, qui paraissent longues malgré la rapidité du passage, parce que la route n’offre aucun incident imprévu, et, par sa monotonie et sa certitude, fait regretter les hasards du vent, les caprices de la voile, et jusqu’à la secousse du cheval ou de la voiture.

Mais cette fois nous eûmes de l’imprévu, et la secousse arriva…

L’eau était aussi une denrée rare, et elle nous était servie deux fois par jour – nos rations étant un gobelet pour quatre hommes. Les médailles sont le cadeau commun des passagers du salon de la Baltique et de la République. Le général Slocum est certainement une pièce intéressante et tragique de l’histoire maritime.-}