Pourquoi j’aime Barthes PDF

Le sujet change considérablement de chapitre en chapitre: la nourriture, les coiffures, les horoscopes, les détergents, les martiens, la religion, les jouets, la photographie, le plastique et la publicité font partie des nombreuses cibles.


L’amitié littéraire entre Alain Robbe-Grillet et Roland Barthes a duré vingt-cinq ans. Tout témoigne de leur profonde et mutuelle estime intellectuelle : leur correspondance privée, leurs textes publiés comme les propos qu’ils ont tenus, notamment dans le fameux dialogue qui donne son titre à cet ouvrage. Si Robbe-Grillet disait volontiers n’avoir eu que très peu de véritables amis, il citait toujours, aux côtés de Jérôme Lindon, le nom de Roland Barthes. En 1980, il écrit son  » J’aime, je n’aime pas « , publié ici pour la première fois, en pensant à son ami. En 1985, il pronostique :  » C’est son œuvre d’écrivain qui précisément restera  » Dix ans plus tard, en 1995, il l’imagine en romancier impatient, allègre, s’amusant à récrire,  » dans l’euphorie, avec un inépuisable bonheur « , Les Souffrances du jeune Werther. Ces textes de Robbe-Grillet sont comme l’écho différé de ceux que Roland Barthes lui a consacrés dans ses Essais critiques en 1964.

Néanmoins, son travail continue d’influencer des générations d’artistes, de critiques et d’amoureux de la photographie et sert de point de départ solide pour ceux qui s’intéressent à la théorie de la photo. La préparation du roman comprend des notes sur un séminaire qu’il n’a jamais eu l’occasion de donner, d’après les photographies de Paul Nadar du cercle de Proust de la fin du XIXe siècle. J’avais un sentiment vague et passionnant qu’il y avait un monde où l’art, le sexe et l’intellect jetaient des formes énervées mais se qualifiaient aussi comme des affronts rigoureux.-}